Biographie de Paul Simon
1892 - 1979
Accueil biographie bio-GB Actualité bronzes
à vendre Sculptures Peintures livres-expos contact
Paul dormant par Lucien Simon

ENGLISH
BIOGRAPHY

Paul né le 17 janvier 1892 dans une famille dartistes, ses parents Jeanne et Lucien Simon sont en effet peintres tous les deux.

Il recevra une éducation complète et bourgeoise dans son quartier de Montparnasse et de lObservatoire. Il ne se destine pas dabord aux arts, trop évidents dans son cas. Non, pour lui la voie sera celle de la médecine peut-être, ou la marine, pense-t-il, pourtant il devra renoncer.

"les Miens" Jeanne et Paul Simon par Lucien Simon

Il entre alors aux Beaux-Arts, pour apprendre larchitecture ; la chance voudra quil tombe sur Leprince-Ringuet, qui en bon maître, lui fait accepter de se ré-orienter vers la sculpture. Il entre à la Grande Chaumière dans latelier dAntoine Bourdelle et parallèlement aux Arts Décoratif pour perfectionner son dessin. On sait encore pour sa formation quil sera aussi guidé par le sculpteur Rodin, le céramiste Delaherche, les peintres Aman-Jean ou Ménard, et le graveur Dauchez. Il exercera son talent dans toutes ces directions.

portrait de Paul Simon prisonnier en grand uniforme.

En décembre 1913 il est incorporé à Rouen pour son service militaire, et cest naturellement dès août 1914 quil est combattant dans la Marne, il sera prisonnier dès le mois suivant et ne reviendra des camps quen décembre 1918. Cette longue captivité et la mort de nombre de ses amis le marqueront profondément pour le reste de sa vie ; il mettra deux années à reprendre ses outils et débuter sa carrière avec 6 ans de retard, il a 28 ans.

Cette première période reste mal connue, pourtant le choix de lartiste est clair : il veut travailler dans larchitecture ! Il fait quelques portraits dont quelques uns sont déjà remarquables. Cest dabord vers son maître « Leprince » quil se tourne, il y trouvera conseils bienveillants et chantiers. Il travaille aussi pour les architectes Sue et Mare, Louis Sue a bâti la maison familiale de la rue Cassini, mais aussi Huillard ou Godard.

Bas-relief aux faisans et raisin, terre-cuite originale de Paul Simon

Il sinscrit au salon de la Société Nouvelle des Beaux-Arts, et à celui dAutomne (brièvement), ainsi quau nouveau salon des Tuileries dont son maître Bourdelle est un des fondateurs, Il expose chaque année des bustes, et des peintures quil appelle lui-même des croûtes ! ces peintures seront vites abandonnées. Puis encore au salon des Animaliers Français, où il rejoint ses amis Sandoz et Guyot ; il y restera fidèle jusquau bout.

Paul et Elisabeth SImon, sortie de l'église de Loctudy, finistère

Le 17 septembre 1926 il épouse Elisabeth Derrien à Loctudy, village voisin de ce cher Sémaphore où il passe tous se moments de liberté. Ils auront une seule fille Corinne lannée suivante.

Corinne, 4 jours, dessin de Paul Simon 1927

Commence alors une seconde période ; sil continue à travailler le plus possible pour les architectes, il se consacre davantage aux portraits, et il élargit son horizon en se tournant vers lanimal. Il commence à proposer des peintures représentant des poissons évoluant dans leur milieu naturel, ce seront ces beaux aquariums que publiera Armand Dayot dans ses livres « les animaux par les meilleurs animaliers Â» en 1930, ou des singes ou encore des félins.

fontaine en pierre de Paul Simon Aquarium peinture de Paul Simon
femme, fonte de Valsuani, exposée sous le n° 1821

Il se rend maintenant souvent au Jardin des Plantes, le matin, et laprès-midi dans son atelier il commence à créer ces figures danimaux (1929) dont la force et le charme seront immédiatement appréciés.

Les années trente seront celles de la grande activité. Nous trouvons Paul travaillant aussi bien avec les architectes-décorateurs pour la clientèle prestigieuse telle les Séailles ou encore Marie-Blanche de Polignac.

Il développe aussi treize modèles danimaux en bronze, entre 1930 et 1935, il sera lun des très rares invités à lExposition Coloniale en 1931 avec 3 bronzes, la « Gazelle Â» sera achetée par lEtat pour le musée dArt Contemporain, alors au Luxembourg. Un autre bronze « Panthère Â» est acheté, cette fois par la ville de Paris pour le Petit Palais, aux Animaliers de décembre 1934.

Gazelle de Paul Simon, bronze de C. Valsuani
Guib ou cerf axis de Paul Simon, bronze.
furet de Paul SImon , bronze de C. Valsuani

En portrait il faut citer le portrait de sa fille modelé en août 1929 et qui sera présenté en bronze au salon des Tuileries de 1930 ; nous avons pour ce portrait la compliment quen donna J.E. Blanche dans une lettre à Jeanne Simon « le buste de Corinne (je pense que cest elle ?) dun sentiment délicieux, dune plastique non inférieure à celle de Despiau... Â». Notons encore le puissant portrait du peintre Aman-Jean en 1933, qui sera lui aussi acheté pour le musée du Luxembourg. En 1940 encore le portrait de Jacques-Emile Blanche est acheté au salon pour le musée de Rouen.

Cérès ou la Campagne, composante du Palais de Tokyo à Paris,, pierre par Paul Simon 1937.
Corinne, 1929, par Paul Simon, son père, bronze Valsuani 1930

La grande affaire de cette décennie sera sans conteste « la Campagne Â» grande femme de pierre de 2,40 m qui accompagnée de 9 autres femmes et dun « miroir deau Â» ornait lesplanade du nouveau musée dArt Moderne en 1937. Il eut pour cette statue le Grand Prix. Cette Å“uvre est aujourdhui introuvable. En décembre 1938 il demanda et obtint, pour répondre à la requête du fondeur-éditeur Barbedienne, lautorisation déditer une réduction de cette statue, nous ne savons sils eurent le temps de réaliser ce projet.

Nous avons donc à lapproche de la guerre une carrière bien établie, quoique les revenus ne soient pas suffisants. Paul propose ses originaux en terre-cuite, vierges, ne voulant pas financer les bronzes, pour ne pas avoir à les vendre par tous les moyens… Nous savons quil vend alors beaucoup de ses Å“uvres notamment des éléphants et des biches, souvent présentés en maternités, mais aussi des lionnes, rhinocéros et hippopotames. Les peintures danimaux sont aussi très appréciées.

La guerre sera pour lui un effroyable cataclysme, il est re-mobilisé, à Paris dans la défense passive cette fois. Cest une période très sombre. Il travaille encore une fois pour Gaumont à une décoration, peut-être la dernière pour lui. Il se ressource au Jardin des Plantes, il écrit : « Le Jardin des Plantes est toujours mon asile pour les mauvais jours. Le charme des bêtes me paraît toujours aussi merveilleux... Â». Il avait rencontré lOrang-Outang juste avant la guerre, mais maintenant ce sont des visites quotidiennes quil lui rend, il fera même du commerce avec lui, de ces relations étroites naîtront ces bustes anthropomorphes qui sont parmi ses Å“uvres capitales.

buste d'orang-outang une main levée, terre-cuite originale de Paul Simon

Après la guerre la vie reprend peu à peu et Paul retournera au salons de 1947 à 1955. Il présente maintenant essentiellement ses animaux : des singes et des éléphants, mais aussi maintenant une grande famille de lionnes et de panthères dans un groupe mal différencié. Les scènes sont des maternités et même ces cinq groupes de jeunes panthères mêlées et jouant, qui sont à la fois touchants et amusants. Il poursuit comme toujours son interprétation des éléphants, on les retrouvent dans sa dernière commande publique dune paire de bas-reliefs pour la reconstruction dune école de lest. LEtat achète encore au salon, à la fin des années 40, un terre-cuite dun couple de chiens, un maternité éléphant et lui commande 15 bronzes dun éléphant couché.

Les chiens sont apparus en 1947, suivront les crapauds, marcassins, martre et autres musaraignes, les animaux du quotidien succèdent aux exotiques.

Martre, terre-cuite originale de  Paul Simon
lapin accroupi tête tournée de Paul Simon, bronze de Paumelle
crapaud n°1 sur nénuphar de Paal Simon, fonte de Clémenti

Il tente encore deux expériences dédition, encouragé par son ami Sandoz, lune entre 1947 et 1950 avec la manufacture nationale de Sèvres : 4 modèles seront produit en grès ou en biscuit ; et avec le porcelainier Havilland en 1955-57 dix pièces seront mises à disposition.

Dans la dernière période de création 1950-1963, lartiste donne libre court à son travail, il fait quelques délicieux portraits et fait évoluer son art vers la sculpture-objet. Il créé un grand nombre de céramiques : pot à tabac éléphants, rhinocéros, hippopotame, oiseaux, crapauds, ou même cochon. Mais aussi des vases en forme doiseaux ou ses magnifiques « femme-fleurs Â» inspirées par Grandville ; ou encore des plats poisson, des boites melons ou courges ornées de souris, enfin des boites têtes de cacatoès ou de guépard.

Paul Simon à Ramatuel par Brassaï vers 1960

Depuis 1955 il possède une maison à Gassin, dans le Var, il consacre maintenant six mois de lannée à son jardin et ses chats sauvages. Il a vendu cette année là son atelier, arrêté les Animaliers, ses mains commencent à le trahir, les créations se font plus rares jusquà 1963 date des dernières créations connues, il a 71 ans.

Il fera une dernière apparition publique à la galerie Axis, rue Guénégaud, en 1974, lors dune exposition conjointe avec Félicia Ducrocquet, fameuse peintre à laiguille. Il expose surtout ses céramiques qui rencontreront un beau succès.

femme-fleur assise verte céramique de Paul Simon
Paul Simon dans l'atelier de la rue Cassini en 1974

Paul Simon meurt à Gassin en juillet 1979, âgé de 87 ans, entouré de sa femme et de sa fille.

Il avait dit un jour à sa fille quil se réincarnerait en éléphant ou en crapaud. Elle lui avait répondu quelle préférait la seconde solution pour avoir une chance de le rencontrer parfois. Cest un crapaud qui réveilla Corinne le premier matin … Celle-ci nous raconte encore « … après son décès. Sous la tonnelle de la Campagnette, portrait vivant de sa sculpture, énorme, paisible, il est allé prendre son bain dans le bénitier en granit ramené de Bretagne. Et on ne la jamais revu. Â»

crapaud 2 de Paul SImon, fonte Paumelle

SITES DE SCULPTEURS :
Auguste Rodin - Antoine Bourdelle -  E-M Sandoz - Rembrandt Bugatti - Irénée Rochard - Musée Bouchard - Olivier Torchet
SITES MUSEES-ARCHIVES-¨PHOTOS
RMN - Joconde - 

© Yann Torchet - Atelier de Tristan - 20 rue du Gros Caillou - 75007 PARIS